« STRATÉGIQUES » : LES RÉSERVES, ou LES IMPOSTURES ?

Sans arrêt, le système médiatique, nos ministres, nos politiciens, brandissent devant nous les dangers et l’imminence d’une agression russe. En France, la psychose est telle que madame Sylvie Goulard, ancienne ministre de la Défense, semble paniquer « …si les Russes arrivent à Francfort, nous n’aurons plus de Banque centrale européenne, ni de monnaie ».1 De la pure comédie, indécente, car ses auteurs sont loin de croire en leurs dires. Et ils se chargent, involontairement, de le prouver.

Dans les années 20, au lendemain de la 1ere guerre mondiale, la France fut pionnière dans la création des ‘réserves stratégiques’ de pétrole pour pallier les besoins des conflits. Depuis lors elle accumule, enfouis sous terre, des millions de barils d’hydrocarbures, sous ses diverses formes, visant à garantir la continuité des activités vitales liées, notamment, aux besoins militaires en cas de guerre ou de blocus.

Or, tout en criant à l’imminence et au danger des menaces russes, le gouvernement français, se pliant aux injonctions étasuniennes libère, début octobre, 10 millions de barils de pétrole pour faire face aux hausses de prix du pétrole et ses dérivés. Il serait, à première vue, parfaitement insensé de se défaire de ses réserves si l'on croyait vraiment être à la veille d'une agression militaire majeure ! Pour se justifier, Macron pourrait dire qu’il s’agit d’une mesure provisoire, que la menace russe, ne l’est quand même pas pour tout de suite ; et donc rien d’incohérent à la décision du G7.

Sauf que les problèmes, planétaires, de fourniture semblent se dessiner pour une très longue durée. Le patron d’Aramco, le géant pétrolier de l’Arabie Saoudite, vient de déclarer que sa compagnie a perdu plus de 3 milliards de barils depuis le début de la crise2. De son côté, le journal de référence de l’industrie pétrolière, ‘Journal of Petroleum Technology’, informe qu’il faudrait investir plus de 25 milliards d’USD pour reconstruire les infrastructures abîmées dans le Golfe et que ce processus prendra entre 3 et 5 années3. Délai qui dépasse les calendriers des prophéties annonçant l’agression de Poutine. A noter un ‘détail’, cette précision date du 26 mars 2026, donc bien avant les attaques massives des dits Houthis contre le réseau pétrolier de l’Arabie Saoudite.

Et pendant ces mascarades, les gouvernements à Bruxelles, Paris et ailleurs, n’ont que la répression à offrir en réponse aux si légitimes colères populaires. VC. 

1. France Inter, 10/10/2026

2. Hindustan Times 3 billion Oil Barrels Lost? Aramco Chief Exposes MBS’ Defeat As Saudi Oil Empire 23/10/26

3. Journal of Petroleum Technology, 26/03/2026

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